Belles lettres

« Peu de choses nous différenciaient, nous avions embrassé la terre comme une pierre, à nous faire mal. J’avais seulement desserré l’étreinte, parce que dans mon enfance et plus tard, dans ma jeunesse d’homme, un ange était passé, Amélie, et qu’elle est toujours là pour me dire de poser mon cul sur cette pierre, de respirer, d’ouvrir les bras et le cœur. Elle m’a montré le chemin de l’amour et je n’ai jamais douté d’elle. Michel n’avait pas eu d’Amélie, ou ne l’avait pas reconnue. L’amour combattait à fleuret démoucheté et il était le roi de l’esquive. Il avait un recul à aimer ce qui était là, tout près de lui, trop près sans doute. Je me reconnaissais en cela. Il devenait craintif et portait son regard vers les amours d’ailleurs, plus loin toujours, et se projetait sans cesse dans un autre voyage. A l’exemple des peuplades de Sibérie où chacun cherche sa propre mélodie, un rythme propre, qui le met en harmonie avec l’univers et l’invisible, avec lui-même, il pensait que les hommes devaient tous chercher leur note juste et la jouer. C’est cette note qu’il ne trouvait pas. »
Je ne résiste pas à vous passer cet extrait de Bernard Giraudeau, dans « Les dames de nage »…
Puisse ces quelques lignes vous pousser à en découvrir plus.

Pour la mémoire…

J’ai trainé mon moral
Ce soir, rue La Fayette
Tout tourne dans ma tête
Les mots me viennent mal,
Tout résonne en mon cœur
Et je marche en pleurant
Je porte un ouragan
Je hais, j’aime et je pleure

Je suis seul quand tu n’es pas là
J’essaie d’oublier et d’écrire
Mais j’ai tant de choses à te dire
Que les mots ne suffiront pas.

Quand je rêve de toi
L’obscurité s’agite
Et l’enfer où j’habite
Se referme sur moi.
Ma poésie rivière
Roule des flots boueux
Lourds de sanglots noueux
Où tu jettes une pierre.

Je sens des remous dans mes bras
Je voudrais crier mon délire
Mais j’ai tant de choses à te dire
Que les mots ne suffiront pas.

A travers ma fenêtre
Dans le ciel d’amertume
Je vois monter la brume
Où je serai peut-être,
Je t’aime mon printemps
Mon été ma brûlure,
Mon hiver ma froidure
Il reste peu de temps

J’ai eu peur et je n’ai rien dit
Bien souvent j’ai prêté à rire,
J’avais tant de choses à te dire
Que les mots n’auraient pas suffi.