Mésange

Accrochons-nous, je vais raconter une histoire.
Il y a très longtemps, c’était en 1986, j’étais un petit percepteur de campagne, en Charente. Je vivais avec une jeune femme si belle que ç’aurait du être interdit par la loi. Je ne prévoyais pas qu’elle partirait. Je ne prévoyais pas non plus qu’ensuite, une autre, encore plus belle, s’apercevrait que j’existais… Et s’en irait aussi, plus tard… Mais ceci est une autre histoire.

Je ne parle d’elles que pour situer les faits, car elles n’ont ni l’une ni l’autre rien à y voir.

Un chef (car on a toujours un chef, quand on est dans l’administration) me demanda un  jour pourquoi je n’avais pas fait partie des grévistes qui revendiquaient les 35 heures. Je lui avais répondu que, n’en faisant que 20, je n’allais pas être suffisamment idiot pour gueuler pour en faire 15 de plus.

Il me confia, au vu de ma faible charge de travail, l’intérim d’une autre petite perception de patelin. Je me souviens que l’adresse de cette petite perception, c’était « chez les filles ». Historiquement, cette appellation s’expliquait par le fait que jadis, à cet endroit, se trouvait un lieu où les dames étaient accueillantes au mal être existentiel des marchands de foie gras du cru… Ou peut-être un couvent, je ne sais plus…

Je gérai donc cette antenne de mon ministère, du mieux que je pouvais, donc suffisamment bien pour être apprécié des élus locaux et de la population. Et un jour…

Un jour, un matin, l’agent de permanence m’emmena vers la boîte aux lettres de la perception. Une boîte aux lettres de base, une fente dans la porte du garage, avec une petite caisse d’accueil disposée de l’autre côté. Et, ouvrant la porte avec précaution, il me montra un nid. Avec des oeufs. Une mésange avait décidé que cet endroit serait bien pour héberger sa couvée.

– Qu’est-ce qu’on fait, Monsieur?

– On n’y touche pas, n’est-ce pas? Je crois que si on touche au nid ou aux oeufs, elle ne viendra plus.

– Oui, mais, pour les enveloppes?

-Ah oui, il faut gérer les enveloppes!

Alors, j’ai pris une feuille A4, sur laquelle j’ai écrit: « Prière de ne pas déposer d’enveloppes dans la boîte à lettres, une mésange y a fait son nid, merci pour elle ».

Et là, s’est passé, pendant 3 semaines, un moment merveilleux. Les gens qui devaient payer leurs impôts, prenant soin de la mésange, évitaient de déposer leur enveloppe dans la boîte. « Je n’ai pas voulu déranger la mésange, alors je vous dépose mon enveloppe au guichet! »… Et chacun se marrait, content d’avoir protégé le petit oiseau et sa couvée.

Les maires et les élus locaux, lorsque je me rendais le soir en mairie pour la réunion budgétaire, m’accueillaient avec un grand sourire: « Comment va la mésange, monsieur le Percepteur? » – « Très bien merci pour elle… »

L’histoire de la mésange a fait le tour du département. Jamais autant de monde  ne s’est inquiété de la santé d’un oiseau.

Et un beau jour, elle est partie. Avec ses petits, que nous avions protégés, amoureusement.

Plus tard, bien plus tard, j’ai raconté cette histoire, l’un de mes plus beaux souvenirs de ma vie professionnelle. Nous comparions les avantages du service public et des banques privées. Et j’ai observé que je n’avais jamais vu, de ma vie, une mésange faire son nid dans la boîte aux lettres d’une banque.

Mais dans celle d’une perception, c’est arrivé.

Alors, quand j’entends parler de ce foutriquet de Cahuzac, je repense à ma mésange. Et ça me rassure.

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Oxymore…

« Moralisation politique »… Qu’est-ce qu’on n’invente pas pour se foutre de notre gueule… Envoyons leur du sable dans les yeux, ils les écarquilleront pour mieux voir, et on les ensablera de mieux en mieux et de plus en plus…

Mais bordel de merde, ça risque de ne plus fonctionner, ça!

Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, et vous tous et toutes, chers législateurs plus ou moins profiteurs, je vous suggère une loi, une seule, très courte, applicable dès maintenant, pas dans 4 ou 5 ans:

« Article unique: Aucun citoyen éligible ne pourra exercer plus d’un mandat électif. Ce mandat pourra être renouvelé une seule fois, après que se soit écoulé un délai de rémission d’une durée égale au mandat déjà exercé. »

Voilà! Plus de clientélisme, plus de prévarications, après avoir exercé le pouvoir « au service des citoyens », comme ils disent, et pas pour s’enrichir, retour vers le monde réel: Boulot ou pôle emploi!

Chiche!