Au moins elle ne souffre plus.

Serlo est partie.
Lola la peintre. Ma peintre.
Ma soeur, mon amie, ma compagne des beaux et moins beaux jours, depuis trop peu d’années.
Ma grande Lola, ma Duduche à moi, si perdue dans ce monde pas fait pour elle, elle qui était capable de tout donner, même sa chemise, par amour du monde, comme ça.
Elle qui peignait si bien, si fort, si beau.
La vie ne lui avait pas fait de cadeaux.
La mort ne lui en a pas fait non plus. Elle a su s’annoncer, puis se faire attendre, longtemps, pour que ma Lola souffre encore et encore…
Elle ne méritait pas ça.
On avait pris l’habitude de dire que nous n’étions pas un couple, mais une paire.
Elle vivait avec moi, je vivais avec elle, et nous ne vivions pas ensemble…
Tout le monde souriait de cette distance que nous avions prise, d’un commun accord, avec la vie des autres.
Sauf ces derniers mois, si durs, si longs, si affreux. Alors, pour la faire oublier un peu, je l’emmenais goûter à St Georges de Didonne, une crèpe au beurre salé, avec une goulée de cidre.
Et on marchait un peu.
De moins en moins longtemps. Mais le soleil était bon, face à cette pointe du Médoc, où nous étions allés nous promener, pour qu’elle revoie Soulac et la plage de son enfance.
J’aurais voulu prendre sa douleur.
Pas pu.
Alors je peux juste lui dire « va, et à bientôt, mon bel amour platonique, ma tendre amitié, dis bonjour pour moi à ton Serge bien aimé ».
Lola, je prendrai soin de toi et de ton souvenir. J’aurais eu tant de choses à te dire!
Chers amis, je vous préviendrai dès que la date sera fixée.
Vous pourrez lui dire au revoir, au crematorium de Saintes. Ses cendres seront dispersées, selon son souhait, au jardin du souvenir de Saint Jean d’Angely, la ville où elle avait choisi de venir vivre, en 2010.
Farewell, Lola.T’aime.