Entre artistes

Merci à Astrid, « Asta », pour ce beau geste d’accueil.20170429_191053

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Miss you…

Ma Lola,

Elles sont 22 comme celles-ci, à te dire que tu nous manques… Que tu me manques…
Elles étaient 23, mais j’en ai emporté une sur le jardin du souvenir, au cimetière, pour accompagner la rose rouge que je t’offre chaque jeudi.

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Je sais, je ne suis pas doué pour le numérique…
Je t’ai raconté aujourd’hui comment se passe la préparation de notre expo, toi, Armelle, Skupien, et moi, un tout petit peu: Que valent mes clichés devant tes toiles, fruits de ton imaginaire?

L’expo sera belle, je crois!

Et je suis passé chez Asta pour déposer, comme elle me l’avait demandé, une de tes toiles. Elle va la poser dans sa vitrine, en hommage pour toi.
Tout va bien.

Sauf que, comme le disent mes roses jaunes, tu me manques.

 

Expo

Ma chère Lola, pour l’expo de juin, l’affiche est prête…
Mais je ne trouve pas comment te la faire apparaître ici!

Je cherche, je cherche…

Je vais trouver!

Les roses jaunes font une fête pour toi, pour bien te répéter que tu nous manques. Le petit jardin n’a jamais été aussi fleuri, a croire que toutes ces fleurs veulent me montrer que tu es encore là, et pour toujours.

 

J’hésite

Ma Lola,

Pour la prochaine exposition, je vais ajouter trois toiles, que je vais choisir entre ces deux séries.

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Celle du milieu en haut (la suivante est déjà dans ton triptyque).
Puis, en dessous la première et la troisième en partant de gauche y sont déjà.

Je pense à la deuxième, la quatrième, et la cinquième. L’une d’entre elles à confier, aussi, pour la vitrine…
Qu’en penses-tu?

Maintenant que je sais que tu me fais des signes, je compte sur toi?

Ces choix, nous les avons tellement faits ensemble…! C’est bien dur, tout seul.
Tu te souviens quand je faisais semblant de pester quand j’accrochais, en te demandant pourquoi tu ne te contentais pas de travailler en A4?
Et tu riais. J’aimais ces sourires.

Je pense à toi tout le temps!

Un signe?

Ma Lola,
J’ai pensé à toi. Encore? Oui, bien sûr. Mais c’est plus compliqué.
Dimanche, avant que les enfants repartent vers Toulouse, j’avais vu sur un dossier de chaise, dans la chambre où tu as tant souffert, une de tes écharpes en cachemire, celles que nous aimons tous les deux.

J’ai eu une idée: Remettre cette écharpe à Emeline. L’idée est passée.
Plus tard, toujours avant qu’ils démarrent, la même idée m’est venue. J’étais dans mon fauteuil, près de ta photo.

L’idée est encore passée, ou je l’ai trouvée, je ne sais, non pertinente?

Et puis j’y ai repensé, plus tard. Ils étaient partis.

Alors aujourd’hui, je suis passé à la Poste. J’ai glissé l’écharpe dans une enveloppe protectrice, avec un petit mot pour ma  grande fille, dans lequel je lui écrivais que tu serais contente de savoir qu’elle porterait cette écharpe, parce que tu avais souhaité qu’il en soit ainsi.

Voilà, j’ai réparé mon ignorance, ma non reconnaissance d’un signe que tu m’as sans doute envoyé.

Je ferai plus attention, maintenant. Et je ne manquerai plus tes messages, qui me prouvent que tu es toujours avec moi. Et ça tombe bien parce que j’en ai bien besoin.

Merci, Lola, ma peintre. As-tu trouvé des pinceaux, là où tu es?

Tu me manques…

Ma Lola, ma fille est venue deux jours, avec son compagnon (j’ose pas dire mon gendre…) et ma petite fille Melina.
Un beau moment.
Je t’envoie une image de la petite endormie sur les genoux de sa mère:

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Et puis, ce soir, une belle vue du petit jardin que tu aimais tant: Une rose jaune et rouge, elles repoussent, cette année, mieux que l’an dernier. Rouge pour « je t’aime », jaune pour « tu me manques », sur fond bleu de la glycine, ton écharpe, qui t’entoure et t’accompagne:

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Tout pour te dire que tu es là, présente. Car ces messages, je crois que c’est toi qui me les envoies. Bon, les images sont mauvaises, mais je ne suis pas doué pour ça. Tu le sais bien, je travaille en noir et blanc argentique!

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Mais c’est toi, qui es là. Elles sont belles, ces roses. Et elles viennent pour toi.
Merci, ma Lola.

Une amie artiste m’a demandé ce soir de lui donner une toile afin qu’elle l’expose dans sa vitrine, en hommage pour toi.
Tu vois, tu es encore là. Pour longtemps.

 

A qui?

Oui, à qui puis-je le dire?
Sans prendre le risque de décourager les amis ou les gens de l’entourage? « Comment tu vas, Jean-Paul? » Bof, comme ci comme ça…
C’est décourageant, les gens n’aiment pas la douleur. C’est compréhensible…

Alors on répond que oui, ça va…

Non, ça ne va pas, merde! Quand je suis dans la foule de la place, devant une bière, je pleure, derrière mes lunettes de soleil. Martha de l’Office du Tourisme vient me dire un mot gentil. Armelle me fait une bise.
Et je me plonge dans les images de ce putain de téléphone. Les téléphones enregistrent les images, quelle connerie. Et je te vois, Lola. Je te vois belle et souriante. Je te vois quelques mois plus tard, amaigrie, souffrante, et malgré tout avec le sourire, dans le regard rempli d’espoir, et sur tes lèvres qui ne mentaient pas.

Alors, après, pour me remettre en colère saine, je repense à tes sœurs qui n’étaient même pas là pour ton dernier adieu, et qui ne répondent pas et n’ont pas répondu à mes courriels. Et je me dis qu’elles me démontrent, par leur comportement actuel, que tu ne te trompais pas à leur sujet.

J’ai protégé ton  avenir pour là où tu es partie.

Le reste, on s’en fiche, non?

Je t’aime, Lola. Tu me manques, bordel de merde!

Quand je pense à tous les méchants qui vivent vieux, j’ai une belle idée de l’injustice.