A qui?

Oui, à qui puis-je le dire?
Sans prendre le risque de décourager les amis ou les gens de l’entourage? « Comment tu vas, Jean-Paul? » Bof, comme ci comme ça…
C’est décourageant, les gens n’aiment pas la douleur. C’est compréhensible…

Alors on répond que oui, ça va…

Non, ça ne va pas, merde! Quand je suis dans la foule de la place, devant une bière, je pleure, derrière mes lunettes de soleil. Martha de l’Office du Tourisme vient me dire un mot gentil. Armelle me fait une bise.
Et je me plonge dans les images de ce putain de téléphone. Les téléphones enregistrent les images, quelle connerie. Et je te vois, Lola. Je te vois belle et souriante. Je te vois quelques mois plus tard, amaigrie, souffrante, et malgré tout avec le sourire, dans le regard rempli d’espoir, et sur tes lèvres qui ne mentaient pas.

Alors, après, pour me remettre en colère saine, je repense à tes sœurs qui n’étaient même pas là pour ton dernier adieu, et qui ne répondent pas et n’ont pas répondu à mes courriels. Et je me dis qu’elles me démontrent, par leur comportement actuel, que tu ne te trompais pas à leur sujet.

J’ai protégé ton  avenir pour là où tu es partie.

Le reste, on s’en fiche, non?

Je t’aime, Lola. Tu me manques, bordel de merde!

Quand je pense à tous les méchants qui vivent vieux, j’ai une belle idée de l’injustice.

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