Avec des épines…

Comme demain je ne suis pas libre, je suis allé au cimetière aujourd’hui, déposer une rose rouge pour Lola.
Parce que c’est vrai que j’aime le faire, que ça m’aide, et que je ne puis imaginer que Lola pourrait trouver cela déplaisant.
Je lui ai parlé, lui ai raconté ma vie, j’ai communiqué avec elle, quoi…

Et je continuerai.

Merci à Lo pour ça.

Une pensée?

Je suis allé à une petite fête entre amis cet après-midi. Au moins j’ai du et pu faire bonne figure pendant quelques heures.
C’est le retour qui est dur.
On me dit que je dois te laisser en paix. Mais je ne pèse pas sur ton repos, si?
Quand je revois ton pauvre visage ravagé par les chimio de ces salauds, je ne peux m’empêcher de pleurer sur ta souffrance. C’est mal?
Quand je repense à ta dernière soirée où je n’ai pas eu le courage de rester près de toi, c’est aussi à ce que tu as du souffrir que je pense. C’est mal?
Une amie m’a même dit que je devrais éviter de déposer chaque semaine, comme j’en ai pris l’habitude, une rose là où nous avons déposé tes cendres, le 23 mars. Pourquoi? C’est mal?

Est-ce que je te fais vraiment du mal, en me comportant ainsi?
Ce n’est que mon chagrin qui finira par s’estomper. Mais je devrais faire aller plus vite les choses, gommer les pensées tristes? Mais alors, je ne dois plus penser à toi?

Je voudrais être sûr que tu es en paix, que tu as retrouvé ton cher Serge, là où tu es, que tu es bien. Je crois que tu es bien.
Mais cette peine que je ressens, quand je repense à tout ce que tu as enduré, c’est mal?

Dis-moi, si tu peux, un signe, une pensée imposée, je ne sais pas. Je ne sais plus rien.
Je ne vois pas d’égoïsme dans les pensées que j’ai pour toi et qui me font pleurer des larmes de rage à l’égard de ces incapables de médecins, ou pire encore de ces mauvais sujets qui t’ont utilisée comme terrain d’expériences. C’est mal?

Ma Lola, repose toi. Va bien. Je te retrouverai un jour. Et nous en rirons ensemble.

 

D’un ami

Un ami, un vrai ami, m’a écrit ça hier soir, à propos de Lola:
« Le moment n’est pas opportun mais il faudrait qu’à un moment (de ton choix), tu essaies de la libérer de sa culpabilité de t’avoir « laissé » seul. En effet, elle ne se sentira pas en paix et ne se reposera réellement tant qu’elle verra que son départ cause autant de souffrance et de culpabilité chez toi ! »
Je crois bien qu’il a raison, en plus.
C’est bien difficile à gérer, l’absence!

Peur?

Extrait d’un livre que je suis en train de lire:

« Quand on a vu la maladie gagner, jour après jour, sur le visage de celle qu’on aime, quand on a pris, jour après jour, la mesure de son impuissance totale face à la maladie de l’autre, qu’on a flotté pendant des mois dans des angoisses qui ne font que vous parler de la mort, qu’on est suspendu, jour après jour, à de nouveaux diagnostics, sans cesse renvoyé à son impossibilité totale d’agir, et qu’on est bien obligé d’admettre que malgré tout l’amour qu’on porte à celle qu’on aime, on ne peut rien pour elle, rien, alors après ça on n’a plus peur de rien. »

Je crois que c’est ça, le pire: n’avoir plus peur de rien.

St Jean en fête

Oui, c’est la fête de St Jean d’été, les manèges, dont certains étudiés spécialement pour faire rendre le repas de midi ou le goûter, les tirs, et les gaufres.
Sans oublier le nougat, que Lola aimait tendre.

Alors je me suis offert une gaufre. Une seule, puisque Lola est ailleurs.

Même ça, je ne peux plus le partager avec elle.

Tristesse…

Petit plaisir gustatif…

Ma Lola,

Encore un petit plaisir que nous avions l’habitude de partager, en cette saison chaude: Filets de hareng, tranches d’oignon, petites pommes de terre de l’île de Ré, si jaunes et si goûteuses, le tout trempé dans l’huile d’olives de Crète… Sans oublier les baies de coriandre, le basilic, un peu de gingembre pour la digestion, une pincée de sel et un soupçon de piment d’Espelette!

Tu adorais ça. Et dans les derniers moments de notre dernier été, tu t’en régalais encore.

Alors, je m’en suis fait une platée. Mais comme tu n’es plus là, il m’en restera pour demain, voilà tout.
Le tout arrosé d’un Sancerre rosé.
Non pas à ta santé (quoique, pourquoi pas?) mais au moins à ta mémoire, chère toi!

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Mais…

Pour faire suite à mon précédent post:

Devrai-je me censurer désormais pour éviter les délires interprétatifs des personnes qui lisent mal, ou de celles qui se placent au centre du message alors qu’elles n’en sont que l’accessoire?

L’essentiel était la manifestation de l’Esprit, et sa victoire sur la matière…

Le reste n’est qu’égocentrisme.

Uni cuique suum.

J’ai dit.