Une pensée?

Je suis allé à une petite fête entre amis cet après-midi. Au moins j’ai du et pu faire bonne figure pendant quelques heures.
C’est le retour qui est dur.
On me dit que je dois te laisser en paix. Mais je ne pèse pas sur ton repos, si?
Quand je revois ton pauvre visage ravagé par les chimio de ces salauds, je ne peux m’empêcher de pleurer sur ta souffrance. C’est mal?
Quand je repense à ta dernière soirée où je n’ai pas eu le courage de rester près de toi, c’est aussi à ce que tu as du souffrir que je pense. C’est mal?
Une amie m’a même dit que je devrais éviter de déposer chaque semaine, comme j’en ai pris l’habitude, une rose là où nous avons déposé tes cendres, le 23 mars. Pourquoi? C’est mal?

Est-ce que je te fais vraiment du mal, en me comportant ainsi?
Ce n’est que mon chagrin qui finira par s’estomper. Mais je devrais faire aller plus vite les choses, gommer les pensées tristes? Mais alors, je ne dois plus penser à toi?

Je voudrais être sûr que tu es en paix, que tu as retrouvé ton cher Serge, là où tu es, que tu es bien. Je crois que tu es bien.
Mais cette peine que je ressens, quand je repense à tout ce que tu as enduré, c’est mal?

Dis-moi, si tu peux, un signe, une pensée imposée, je ne sais pas. Je ne sais plus rien.
Je ne vois pas d’égoïsme dans les pensées que j’ai pour toi et qui me font pleurer des larmes de rage à l’égard de ces incapables de médecins, ou pire encore de ces mauvais sujets qui t’ont utilisée comme terrain d’expériences. C’est mal?

Ma Lola, repose toi. Va bien. Je te retrouverai un jour. Et nous en rirons ensemble.

 

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7 réflexions au sujet de « Une pensée? »

  1. Mais non ! Quel mal ? Je ne comprends pas ?!
    Au nom de qui et de quoi devrais-tu te plier à un calendrier établi par d’autres ? Que je sache, il n’y a pas de protocole en matière de deuil, pas de procédure, pas de mode d’emploi. Pas plus de grand A ou de petit b au catalogue des souffrances.
    Ne doute pas Jean-Paul, sois bienveillant envers toi-même et envers ton chagrin car il est légitime, il est l’ultime expression de ton amour pour Lola. Personne ne sait mieux que toi ce que tu as à faire pour honorer cet amour, personne n’à le droit de te dire, de te conseiller, de te recommander, toi seul vis cet amour et ce chagrin.
    Chaque rose que tu offres à Lola est une épine de moins dans ton coeur Jean-Paul. N’en déplaise à ceux qui ont peur que tu lui offres toutes les fleurs de la Terre, ce temps est le tien.
    Je t’embrasse

        • Ils m’ont tous dit que je devais laisser Lola tranquille, pour qu’elle « repose en paix ». Tu es la seule à m’avoir donné une bonne raison de continuer, et de gérer comme j’ai commencé à le faire cette situation douloureuse.
          Je n’en suis pas surpris, connaissant ta sensibilité, et me souvenant de ce que tu m’as écrit dès le début de cette perte, que tu as toi-même vécue.
          Merci pour ça, tu m’as rassuré. Je t’embrasse fort. Bonne nuit à toi.

          • J’entends qu’il faille laisser partir nos défunts, je suis là première à allumer une bougie et à les « accompagner » afin que leur âme monte au plus haut de ce lieu qui les attend, à souhaiter que leur énergie s’élève, que leur entité ne reste pas là à errer (comme une âme en peine justement, on met les mots que l’on peut mais qui sait, hein, qui sait ?). Pour autant je pense (très personnellement) que c’est un chemin qui se fait à deux et que la forme qu’il prend, le temps qu’il prend et les rituels qu’il implique – ou pas – sont intimes au-delà de tout ce que l’on peut tenter d’expliquer et/ou de comprendre. Vivre la mort de son âme sœur. Bordel ! Mais qui peut toucher du doigt le trou que ça te fait dans le cœur, le ventre et la tête ? Qui peut prétendre connaître LE mot qui va bien ? Pour te dire quoi ? Qu’il faut que tu fasses comme ci ou comme ça ? Ben moi je trouve très positif que tu ailles manger au resto là où vous aviez vos habitudes Lola et toi et que tu lui portes un toast, très positif que tu sabres le champagne après son vernissage etc. Parce que c’est ton chemin, aussi douloureux soit-il, c’est ta sensibilité, ta manière à toi, aussi ouf paraissent-elles à d’autres.
            Il y a à côté de moi un papa qui vient de tenter de mettre fin à ses jours parce que sa fille est morte il y a trois semaines. Perso j’aurais préféré qu’il lui dépose une rose chaque semaine en attendant qu’un peu de sérénité revienne… Mais ça c’est ce que j’aurais préféré moi, cela aurait été tellement commode, tellement plus simple, un père qui cache sa peine derrière les murs de ce-qui-ne-se-montre-pas ! C’est sûr, il va falloir se creuser la cervelle pour aider cet homme-là. Et pour l’instant je n’ai pas l’ombre d’une idée. Alors les mots, n’en parlons pas…
            Douces pensées Jean-Paul. Faire comme on peut c’est déjà tellement !

            • Je ne te remercierai jamais assez pour les encouragements que tu me donnes. Je pense que je vais aller sur la côte cette semaine, manger une petite crêpe avec un quart de cidre, parce que ça aussi c’était un de nos petits plaisirs. Et on verra!
              Je t’envoie plein de belles pensées, et te souhaite, ainsi qu’à ce malheureux père, un chemin sans parasites vers ce bien-être dont nous nous contenterons tous, à défaut de bonheur.
              Tu m’as redonné un peu de force. J’en avais bien besoin, après cette tempête de recommandations bien intentionnées.
              Je t’embrasse.

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