Voeux…

J’ai vécu les plus beaux moments de ma vie avec elle.

Et aussi les plus tristes, quand la maladie s’est emparée d’elle, pour ne la lâcher qu’au bout de sa mort.

Je n’avais jamais entendu quelqu’un gémir de douleur. Je n’avais jamais vu quelqu’un maigrir à ce point, avec des traitements qui étaient censés prolonger sa vie. Deux mois de plus, sur un lit d’hôpital, en attendant la fin, annoncée, inéluctable.

Je n’avais jamais vu une telle force, une telle sagesse, une telle beauté dans le regard, jusqu’au bout.

Jusqu’à ce 14 mars 2017, où elle a enfin décidé de céder, d’abandonner cette lutte inutile et cruelle pour elle.

Depuis novembre 2015, nous savions que l’échéance venait. Nous espérions. Elle ne demandait pas grand-chose : deux ou trois ans de plus, pour savourer encore un peu de ce bonheur qui, toute sa vie, lui avait été parcimonieusement compté, et que nous vivions ensemble et en paix.

Alors aujourd’hui, je n’ai pas envie de formuler des vœux pour 2018. Je ne sais quoi souhaiter, puisque ce que nous souhaitions pour elle nous a été refusé.

Aujourd’hui, je la laisse s’exprimer pour nous deux, puisque aussi bien, elle était plus forte et plus sage que moi.

Je crois qu’elle vous demande de bien vivre l’année qui vient, et les autres, selon votre chance devant ce hasard qui ne fait aucun cadeau.

Je crois qu’elle vous demande de vivre jusqu’au bout et de toutes vos forces ce que vous avez de plus beau et de plus fort en vous, sans oublier de sourire, aux autres et à vous-mêmes. Elle le disait :

« il faut vivre ».

Bonne année, Lola, chère âme sœur. A vous, le superflu. A moi son souvenir, car il m’est nécessaire, même s’il ne suffit pas.

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Jean-Paul Mathieu

7 réflexions au sujet de « Voeux… »

  1. Que te souhaiter mon cher Jean-Paul ? Les mots sauront-ils consoler et apaiser ton chagrin ? Je choisis de te souhaiter d’ÊTRE, tout simplement. Tu sauras, toi, trouver les chemins pour y parvenir.
    Baisers de
    LO 💕

      • Merci, Lo, je me demandais pourquoi je n’avais plus de nouvelles, je m’inquiétais un peu.
        Merci de faire partie de ceux qui ont compris mon message de fin d’année.
        Je te confirme que je dois monter à Plestin les Grèves pour la période du vendredi 13 au dimanche 15 avril.
        Si tu connais une créperie dans ton coin, et si c’est pas très loin, je pourrais peut-être arriver la veille, pour une petite bouffe? Si tu ne veux pas de crèpes, je n’ai rien contre une entrecôte!
        Si ça te branche, bien sûr.
        Bon, on verra.
        Bises plein.

        • Je suis partie 6 semaines auprès de la maman de Morgane, décédée au printemps. C’est tellement, tellement douloureux.
          Va pour la petite bouffe, sauf contre ordre. Mais on a le temps d’ici là ! Des bisous

          • Lo, pour la maman de Morgane, voir « vivre le deuil au jour le jour », du Dr Christophe Fauré, paru chez Albin Michel. En plus, je me fais aider, pour le moment. Mais il est vrai que la période la plus difficile n’est pas celle qui suit immédiatement le départ. C’est plusieurs mois après (entre 6 et 10) que la douleur est la plus forte. Je le vis aussi. Veux-tu lui transmettre ma compassion?
            Ce n’est pas fini, ça peut durer plus d’un an souvent. Bises.

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