Le Chat

Le chat

 

Tu l’appelais comme ça… Le Chat…
Il était beau comme toi.
Ce soir, en feuilletant un portefeuille qui t’appartenait, j’ai retrouvé des photos de toi. Et une, de lui. Il s’appelait Serge. Serge Riché, ton deuxième mari, mort le 7 janvier 2007, d’un cancer de l’œsophage…

Quand on travaille dans un garage, mécanique et peintures automobiles, ce n’est pas étonnant. Mais il ne faut pas le dire…

Tu en parlais souvent. Tellement que la guitare que tu lui avais offerte est chez moi, sur son socle. J’en avais joué, et nous l’avions dotée de cordes neuves, pour que je suive L. Cohen dans ses ballades…
Souvent nous évoquions sa mémoire.

Il était beau. 1m.85! Avec toi, 1m.82, avant que la maladie t’affaisse, vous deviez être imposants, tous les deux…

Ce soir, je vous ai retrouvés, et vous ai imaginés ensemble.

Il t’a attendue dix ans, j’espère que là-haut, ou là-bas, ou ailleurs, où vous voulez, vous vous êtes retrouvés, tous les deux, tant j’avais compris, dès le début, que tu aimais cet homme, comme tu n’aimerais jamais personne d’autre.

Un jour, c’était en novembre l’an dernier, tu m’as appelé comme ça: « Mais non, « le chat », ne t’inquiète pas, ça sera bon… » Tu parlais d’un petit plat que je mijotais pour nous, quand tu étais rentrée chez toi. Tu t’étais reprise tout de suite, presque gênée.
Je n’avais rien dit: Flatté que tu me prennes pour lui, car je me suis fait l’impression que si tu m’avais pris pour lui, c’était que tu étais ou te sentais aussi bien avec moi qu’avec lui…

Donc, tu étais bien.

Il était beau, Lola. Il te méritait. Je vous souhaite d’être de nouveau ensemble.
Voulez-vous qu’on se retrouve, un jour?
S’il vous plaît, attendez-moi.
S’il vous plaît, veillez sur moi.

Je vous embrasse.

 

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Toussaint

Lola, amour,

Cette nuit, comme je l’ai dit à Isabelle notre agent de ménage, c’est la nuit du 31/10 au 01/11, la nuit qui ouvre les portes entre le monde des morts et le monde des vivants…

Hollow  in, et non pas Halloween, trahison de ces cons de commerciaux étasuniens!

Hollow in… Le monde du vide ici…

Viendras-tu cette nuit? Te verrai-je? Pas sûr!

J’aimerais tant, pourtant! Mais même si ça n’arrive pas, tu es là. Avec moi. En moi.
Même si, comme le chante L. Cohen, « Miss you so much, nobody inside… ».

Love for ever, dear Lola.

Happy birthday?

Chère Lola,
Le 1er octobre, tu aurais eu 71 ans…
Demain 1er novembre j’en aurai 69…
Demain tout le monde sera au cimetière, avec son chrysanthème! Pas moi!
D’abord, tes cendres sont parties depuis longtemps dans le vent, et une petite plaque suffit à rappeler ton existence, ailleurs.
Ensuite, pour nous depuis 8 ans, la Toussaint était un jour de fête.

Demain, Champagne.
Avec toi, comme sur ces images d’un autre 1er novembre, notre premier ensemble:

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Tu es là

Chère Lola,

J’ai donné deux de tes toiles, aujourd’hui.

La première à Hervé, le graphiste génial, qui dessine des choses indéfinissables, à la fois angoissantes et pétantes de santé. Pour lui, c’était celle qui s’appelle « ce rêve qui bouge »… Il faut que je la retrouve dans mes fichiers!

Pour Farzaneh, qui aime aussi tellement ton travail, tu m’as donné une idée: Lui en donner une aussi.
Je lui ai montré celle à laquelle je pensais, sur mon téléphone, ben oui, ça sert.

Et je la lui ai apportée cet après-midi. Elle a été impressionnée, et est très heureuse. Comme ça, lui ai-je dit, elle est toujours là, avec nous, chez les gens qu’elle aimait.

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Voilà. Tu es en bonne place, dans la petite salle du « 10 ».

DMS…

Ainsi, Agnès Buzin, Ministre de la santé, estime qu’il y a 30% de lits en trop à l’hôpital!
Je souhaite ceci, pour A. Buzin:
Qu’on essaie de la transporter tous les 15 jours dans un établissement différent, après lui avoir annoncé qu’elle est en soins palliatifs, parce que « la tumeur a gagné »…, mais qu’on n’a pas de place pour la garder…
Je souhaite à A. Buzin de s’entendre dire à 6 heures du matin, par une infirmière de nuit, que « c’est pas l’heure », quand elle demandera un soulagement parce qu’elle a mal…
Je souhaite à A. Buzin d’être obligée de dire aux cadres de santé et aux soi-disant médecins qu’elle se fout de la DMS! (Durée Moyenne de Séjour), au nom de laquelle on vire les malades, parce que l’hôpital est pénalisé quand un malade reste plus longtemps que les Cons-tables en ont décidé!

Mais elle peut être rassurée, elle. On lui accordera tout ce qui sera nécessaire, à elle.

Que les autres crèvent…

Un jour, la colère gagnera, Madame le ministre.

Ultra droite…

En voilà des gens bien, dangereux sous tous rapports. Parmi ces 11 ou 12 petits crétins, se trouve un leader, prénommé « Logan ».

Logan… Comment voulez-vous être bien dans votre peau, affublé d’un nom de marque de voiture low cost?
Il y a de quoi en vouloir à la terre entière, c’est vrai. Merci Papa, merci Maman!

 

 

Souvenir…

On en a reparlé ce soir, en un lieu sûr et sacré…

J’ai fait ça, aussi, et Lola le savait. Et j’en suis fier. Monument restauré en 2004, en l’honneur de gens bien. Et j’ai refait les lettres cet été. Parce qu’ils le valent bien!

Il n’est pas interdit de zoomer…

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St Georges

Je suis allé faire un tour à St Georges de Didonne. Je voulais en profiter pour marcher un peu, avec toi Lola, et goûter d’une petite crêpe au beurre, avec un quart de cidre.

Tout est fermé, sauf un café! Il n’y avait pas grand monde sur la plage, ni sur la promenade. Pas plus mal: Il y avait aussi beaucoup moins de clébards.
On voyait bien la pointe du Médoc. On imaginait Soulac…

C’était quand même mieux avec toi…
Tiens, regarde:

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Plein le dos…

Lola,
Aujourd’hui je suis allé voir un ostéopathe, parce que j’en avais marre d’être complètement coincé de partout dans le dos.
Il a commencé à manipuler et analyser, plus avec ses mains qu’avec ce que je lui disais. Et il a trouvé une grosse crispation, comme un sentiment rentré, profond.

Alors je lui ai raconté ma colère.
Devant ce connard de médecin qui te donnait une ordonnance pour un sirop expectorant, en octobre 2015, alors que tu débutais une pleurésie, pleurésie qui t’a envoyé à l’hôpital de Bordeaux pour te retirer deux litres de flotte du poumon avant de talquer tout ça…
Ce même médecin qui n’a donné aucune suite, pendant deux ans, aux rapports des radiologues qui signalaient une « opacité inquiétante »!
Devant ce pourri d’anesthésiste qui te demandait un chèque de 100 euros pour participer à ce talcage. En dehors des honoraires officiels, bien entendu, on est entre gens bien…
Devant ces abrutis de Bordeaux qui t’ont laissé partir de l’hôpital en février 2016, avec une ordonnance de Dafalgan 500, quand tu avais été sous morphine pendant une semaine…
Devant le souvenir de ce médecin de ville qui refusait de venir te voir chez moi, parce qu’ils aiment, ces gens-là, qu’on se dérange pour aller les voir… Ce triste monsieur que j’ai dû menacer du Conseil de l’Ordre des médecins pour qu’il consente à se déplacer…
Devant le souvenir des patchs de Fentanyl – pire que la morphine, une saloperie qui a tué le chanteur Prince! – que je t’ai arrachés, las et fatigué de l’incompétence plus que légère de ces incapables plus obsédés par la couleur de la carte vitale que par l’état de la personne qui compte sur eux…

Devant ceux qui t’ont prise ma Lola comme cobaye pour leurs médications de merde qui n’ont prolongé ta vie de deux mois que pour t’y laisser dans une chambre d’hôpital, sur un lit dont ils voulaient te virer régulièrement, parce qu’un malade à l’hôpital ça coûte cher!!!
Colère parce qu’on aurait mieux fait de vivre et de refuser leurs traitements de massacre!
Colère contre ces infirmières qui te refusaient un médicament de soulagement parce que « c’est pas l’heure! », il faut attendre 8 heures! Je leur souhaite de souffrir seules ce qu’elles t’ont infligé…
Et j’ai fini par l’épisode de la psy de l’équipe, qui m’a donné deux rendez-vous qu’elle a oubliés… Elle pouvait toujours s’excuser, cette écervelée!

Colère contre tout ce système, qui permet de conclure qu’on peut crever. Et surtout, vite!

Alors, ce cher ostéopathe, qui m’avait écouté tout en me manipulant, a conclu que c’était presque plus de la rage que de la colère. Je lui ai demandé de m’excuser pour avoir pleuré de cette rage. Il m’a répondu de ne pas m’inquiéter. Que j’avais fait ce que j’avais pu.

Et en plus, il m’a fait un bien fou, dans mon pauvre dos.
Vraiment grand bien. Il a raison. C’était un tout? Le corps est simplement un interprète.