Uzo?

Pour finir la belle soirée d’automne, un petit apéritif dehors, dans la cour.

Quoi de mieux qu’un Ouzo? Avec quelques tranches de jambon de Parme, sans nitrites!

Tu aimais aussi, Lola, et tu allumais, avant la maladie, un de tes cigares… Entre deux chimios, tu te contentais de la liqueur…
On était bien, dans ces petits moments.

La chaise en face de moi est vide.
Mais tu es là.

Uzo2

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Taillebourg

Chère Lola,

Tu t’en souviens, de cette petite guinguette du bord de Charente, à Taillebourg?

L’an dernier, à cette époque, nous y sommes allés souvent. On savourait une planchette de charcuterie, avec un petit verre de rouge. Il faisait bon au bord de l’eau, le temps était doux.

Ensuite, on marchait un peu, comme tu le pouvais. 200, 300 mètres… « J’ai bien marché, aujourd’hui! ». Tu étais contente. Tu essayais de ne pas t’accrocher à mon bras, de tenir debout toute seule. Je te voyais sourire. On était bien.

J’ai refait la même chose aujourd’hui, le temps s’y prêtait. Planchette, verre de vin, et petite promenade le long des bateaux amarrés… Retour à la voiture.

You are always on my mind…

Triste

Aujourd’hui, j’ai voulu prendre un moment de plaisir: une petite crèpe, avec un quart de cidre… Rien que de trop vivant.

Pas moyen, les routes étaient coupées partout, course cycliste ou autre réjouissance à la con, que sais-je?

Il pleuvait. En plus. Je suis rentré.

A côté, dans la voiture, je te demandais: tu es bien, Lola?

Je hais les dimanches.

Elle est avec moi…

http://galerie.jpemathieu.photos/#!album-11

J’ai invité Lola dans mon site de photos. Elle est à l’adresse ci-dessus.
Si on ne peut y accéder directement, on peut aussi visiter tout le reste, sur le site
http://galerie.jpemathieu.photos/#!home

… Et aller chercher dans les galeries celle qui s’appelle « les toiles de SERLO ».

Comme ça, elle est toujours, et sera toujours, avec moi. Avec nous.

 

Saint Martin

Une pensée grave pour les pauvres de cette île.

Mais je me souviens que les Balkany avaient une belle maison à cet endroit. Peut-on parler, dans leur cas, d’un « abri de fortune »?

Ils doivent se marrer, en pensant aux juges qui ont saisi ce petit pied -à-terre au profit du fisc français: Il ne doit plus rien y avoir à vendre…

Il va falloir saisir le riad du Maroc…

J’ai pris ta part…

Ma Lola,
Aujourd’hui je suis allé faire un tour au supermarché de Saintes, celui où je t’emmenais une ou deux fois par mois pour faire quelques courses, surtout les paquets lourds. Et puis, ça nous sortait de notre bocal!
Je suis d’abord passé par l’espace culturel, tout transformé, bien agencé.
Je n’ai pas trouvé ce que je cherchais, bien sûr…
Mais j’ai commandé.

Et puis je me suis arrêté au magasin de chocolats, où je prenais à chaque fois un assortiment de noirs, nos préférés, dont nous nous régalions tous les deux, devant un café.

Les filles de la cafétéria sont toujours aussi gentilles.

Alors je me suis assis, ai commandé, et je t’ai vue, en face de moi. Donc,  je t’ai tendu la boîte, et pour t’aider, j’ai mangé ta part.

En pensant à toi, même ces petites choses ont meilleur goût.

Bons baisers de Paris

Chère  Lola, je suis à  Paris. J’ai pris un taxi pour éviter la foule, la moiteur, la chaleur lourde et les senteurs d’aisselles…

Le chauffeur m’a conduit par les berges, la cour du palais royal, la belle avenue de l’opéra, un parcours plein de souvenirs, que tu aurais aussi beaucoup aimé, toi qui as vécu pas loin pendant tes belles années.

Je n’ai pas fait d’images! Mais j’ai pensé à toi.  Ce soir je bois une bière rue Cadet, à l’heure où, d’habitude, je te téléphonais,  pour te souhaiter une bonne nuit.

Miss you.

Et…

Et dans ces moments, chère Lola, je repense à ces 16 mois de souffrances que tu as vécus, 16 mois de douleurs, de comportements des personnels hospitaliers et médicaux pas toujours gentils, 16 mois où j’étais totalement impuissant face à cette saloperie qui te rongeait.

J’aurais tant voulu être capable de t’éviter ça! Oui, pardon Lola.

Le vide

Tu vois, Lola, c’est des jours comme aujourd’hui qui font remonter à la surface le vide que ton absence a laissée dans ma vie.

Olivier vient de partir avec son fils pour Royan, pour une semaine.
Et je suis là, chez moi. D’habitude, on en aurait profité pour aller se promener. Où? Peu importait. Nous étions ensemble, pour savourer une nouvelle journée de récréation, en attendant de retrouver toi tes toiles, moi mes photos…

Plus rien…

Il n’y a plus rien, sans toi. Pardon, Lola. Je suis triste et désemparé.

Chère Lola

As-tu entendu les nouvelles? Barcelone, où nous voulions partir ensemble, a été frappée à son tour par ces connards à petite bite.  Passons.

J’ai aménagé la chambre pour Olivier qui arrive demain avec son fils. Je suis tombé sur une des petites boîtes à bijoux que tu m’avais demandé de prendre chez toi avant ton départ.

Dedans, il y avait, entre autres, quelques papiers concernant Serge, ton défunt mari, Le Chat, comme tu l’appelais… Même qu’un soir, tu m’as appelé ainsi, aussi. Et j’avais bien aimé!

Sa carte d’identité… Sa photo… Il était beau, ton gars! 1m 85… Toi, 1m 82, Vous deviez être beaux et imposants, tous les deux, quand vous marchiez dans les rues.
Je comprends bien que tu l’aies choisi, et aimé, lui, complexé parce que mécanicien, et toi qui le rassurais… Et qui l’as soutenu dans son mal-être, quand le cancer de l’œsophage l’a emporté, en 2007. Saloperie!

Tu te souviens, quand j’ai accordé sa guitare, celle que tu lui avais offerte? Pour chanter L. Cohen…
On était bien. Avec lui. L’as-tu retrouvé? Ce serait bien. Vous vous méritiez tous les deux.

J’ai eu l’occasion de parler avec mon frère Etienne et son amie chère, Martine. Et nous étions bien d’accord.
Lola, chère Lola, tu as été mon plus beau moment.

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