Plan d’eau

Tu m’as manqué, Lola. Encore…
Je suis allé manger des moules frites au bord de la Boutonne, au plan d’eau.
Bonne ambiance, personnel plus sympa que l’an dernier.
Tout bien, à part un clébard de merde, 20 cm de longueur, et qui a passé son temps à gueuler sur la pelouse, devant la terrasse. Qui devais-je étrangler? La maîtresse, ou le chien?

A part ce constat récurrent du fait que l’aboiement du chien est vraiment le bruit le plus désagréable de la nature, les moules étaient bonnes, avec un petit blanc comme tu l’aimais, toi aussi…

Combien de fois avons-nous apprécié ce moment? Pas assez! Hélas.

Tu m’as manqué, Lola. Et j’ai pleuré, comme d’habitude, comme  chaque fois que je vis seul ce que nous avons vécu, simplement, sans rien demander à personne, tous les deux.

Top gun…

Je ne sais pas pourquoi Macron s’est pris pour Tom Cruise. On pense à Tartuffe…

Je sais juste que Tom Cruise est connu pour être un membre éminent de la scientologie.
Et qu’il a été reçu à Bercy par Sarkozy, en tant que tel.

Macron est-il aussi bon que Tom Cruise?

En tant qu’acteur, c’est indéniable. Quoique. Tom Cruise, lui, ne piétine pas pour prouver qu’il est « le chef »…
En tant que petit con, la question reste posée. Pas pour longtemps, peut-être.

La question reste: un produit marketing peut-il gouverner par lui-même?
Macron est un paquet de lessive, vendu, donc acheté, par des puissances qui nous ont bien présenté le paquet.

Pour le reste…

Ton écharpe

Tu te souviens, Lola? Cette écharpe turquoise, que je t’avais rapportée de Crète, en 2010.

Tu l’as portée partout. Chaque fois que tu avais l’impression d’avoir besoin d’être protégée, tu l’enroulais de deux tours autour de ton cou. Tu me disais qu’elle te portait chance…
Elle a trahi sa mission quand nous sommes allés ensemble voir l’oncologue…

Mais tu lui avais donné un pouvoir un peu magique, qui, il suffit d’y croire, t’avait donné une assurance. J’ai mon écharpe, je ne crains rien! disais-tu.

La glycine, cette année t’a déjà donné un calque. Elle avait même fait deux fois des fleurs.

Lola, que lui as-tu fait? La glycine redonne encore des fleurs, depuis hier, pour la troisième fois cette année. Il faut croire qu’elle veut te rendre un dernier hommage, ou te faire savoir que tu lui manques, dans la petite cour où tu te sentais si bien. Sauf quand je m’énervais contre le sort cruel…

Oui, tu nous manques.

Une amie d’Angoulême m’a dit aujourd’hui que je ne devais pas me sentir coupable, ou lutter contre ce simple fait que tu es partie.
« c’était son heure », m’a-telle dit.

« Peut-être », ai-je répondu. « Mais ce n’était pas la notre! »

Je me fous du destin!

20170721_194129_resized

Bulles

Ma Lola, ce soir se tenait le vernissage de l’expo d’Armelle, John et Michel. Tout le monde m’a parlé de toi, alors, j’ai parlé de toi…
Une tout jeune fille avec une jolie voix, qui ne demande qu’à mûrir un peu, nous a chanté des belles chansons, accompagnée par deux guitaristes XO…
Elle avait bien du courage, de chanter sans se démonter dans un brouhaha certes feutré, mais tout de même perturbant pour elle.

Tu as le bonsoir de tout le monde. Anne m’a parlé de toi, surtout.

Alors, comme la dernière fois, pour finir la soirée sur une note mélancoliquement gaie, je me suis ouvert une bouteille de ce champagne que tu aimais tant.

You are always on my mind…

Amarre…

Ma lola,

J’ai vu une gentille jeune femme, psychologue, mandatée par l’hôpital, pour la gestion des soins palliatifs…
Je me demande d’ailleurs comment la sécu va payer, pour moi, qui n’étais rien. Rien, oui, puisque au regard du Code Civil, RIEN. Mais ce n’est pas mon problème? Cette jeune dame est adorable, et capable d’écoute.

Je lui ai dit ce que tu étais pour moi, ce que j’étais pour toi, ce que nous étions l’un pour l’autre, et qui est si difficile à comprendre pour l’extérieur..: Pour ton navire instable et sensible à tous les vents mauvais, j’étais ton ancre, tu étais accrochée et droite, malgré les embruns…
Tu étais mon amarre, mon ancre, pour mes propres mouvements tempétueux, pour mes révoltes qui étaient souvent motivées par ta générosité qui t’a coûté si cher, tu étais mon ancre pour les problèmes que j’avais avec mon fils, avec ma famille extra-sanguine (comprenne qui pourra!).
Bref: Nous étions l’un pour l’autre une attache, une balise autour de laquelle chacun de nous pouvait naviguer en paix.

Je ne sais pas où tu navigues  maintenant. Mais pour ma part, je suis un bateau ivre. Et je te cherche, tel ce phare que nous avions vu de si près, ce phare des Rois, ce roi des phares, Cordouan, souviens-toi, Lola ma reine, de la vue de ce tremplin vers l’infini.

Je godille, je tangue, je gîte à gauche, du côté cœur, je vais couler un jour vers le tourbillon où ton manque m’entraîne. Et j’en serai bien. T’aime.

 

Fête nationale

Ma Lola,

L’an dernier, un dégénéré tuait 83 personnes à Nice.

Mais je ne le savais pas encore, quand la veille on t’avait transportée à l’hôpital, anémiée, pour y faire une transfusion et te prendre un repos sous surveillance…
J’ai pas vu le feu d’artifice…

Cette année, je l’ai vu.

Sans toi.

Et merde. Ce jour là ne nous a pas porté chance tous les ans… Et maintenant, je peux te dire que même ça, même un feu d’artifice, sans toi, tout seul quoi, c’est vide.

Tu vas bien? J’ai aidé John et Armelle à accrocher leur exposition, aujourd’hui. On a parlé de toi. Tu me manques.

J’y arrive pas!

J’ai fait quelques courses… Je fais mes courses tout seul… Je suis dans ma voiture tout seul… On l’avait choisie ensemble, pour nous…
Chez moi c’est vide.
Chez toi je ne peux plus aller, c’est fermé…
C’est trop con, c’est trop dur, la vie sans toi!

Pleine lune

Oui, c’est demain… Tu en riais chaque mois, toi que ce moment n’empêchait pas de dormir.
Et je te disais, en sortant de ton petit chez toi, « et merde, je ne vais encore pas dormir »…

Et toi: « ben reste là, tu verras bien  demain »…
Ma chère Lola! Je serais resté chez toi, à remuer toute la nuit dans ta chambre d’ami, à t’empêcher de dormir!

Je dis ta chambre d’ami, au singulier, car à part moi, sauf tes amis de Paris, une fois, personne n’a jamais dormi dans ce lit. Très bon lit, d’ailleurs, que nous avions choisi ensemble. Tu voulais pouvoir me recevoir.
Pourquoi je parle de ça?

Parce que maintenant, ce soir, je dormirais bien chez toi, dans ta chambre d’ami!