Saintes

La Charente, tout simplement. Calme, lente, douce.

Comme la vie, en ce moment, après toutes ces émotions qui ont failli être définitives.

A savourer, chère Lola, d’où tu es. Je sais que tu n’es pas loin, tu me l’as rappelé à l’hôpital.

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C’est pas fini…

Chers tous et toutes,
Voilà.
Je suis rentré chez moi, et ça va encore mieux que la semaine dernière.
Vous ne pouvez imaginer ma joie quand le médecin m’a informé ce matin que je pouvais partir après-midi! J’avais, pessimiste, prévu vendredi.
Et non.
Le deuxième stent a été posé sans encombre hier matin, tout va bien, donc, je suis sorti. Remonté dans ma petite voiture qui m’attendait sagement au parking, et hop.
Sans oublier un arrêt devant une boulangerie, parce qu’il faut manger, le soir…
Vous n’imaginerez pas la vitesse de la sortie, après avoir passé ma matinée à attendre, attendre, et attendre encore, quoi? Rien! Une ordonnance? Pas besoin, puisque j’en ai déjà une…
Pour faire plaisir à l’infirmière de service, j’ai donc dégusté le dernier repas de midi dans la chambre.
Non, je ne vous donnerai pas le menu, c’est trop dur…
Et j’ai patienté en attendant 14 heures, pour rien.
Mais bon, j’en ai gagné 24, alors on ne va pas maugréer!
Voilà. Et maintenant?
Il faut maintenant réviser pas mal de choses, de pensées, d’actions aussi, pour privilégier les bons moments. Pendant ces bons moments, je me souviendrai avec gratitude de la dame, angio-plasticienne puisque c’est comme ça que ça s’appelle, qui a travaillé avec la précision d’une horlogère, pour aller, en passant par l’artère du bras droit, faire un petit tour dans le cœur, puis par l’aorte, pour poser un petit ressort dans les coronaires obstruées. (Vous savez quoi? L’état de la troisième s’est amélioré, et il n’est point besoin d’y toucher).
D’abord vivre pleinement les instants fugaces, tels que ce magnifique ciel qui m’a accueilli en sortant. Un beau ciel des Charentes, avec les nuages qui n’appartiennent qu’à cette région…
Me souvenir, je crois que c’est le titre d’un film, et cette expression ne m’a jamais paru plus juste: Ce 09 aout 2018 est le premier jour du reste de ma vie.
Ce n’est pas une formule pour faire joli. C’est juste ça. Parce que, tout de même, je l’ai échappée belle!
Et je ne mesure pas encore tout ce que ça va relativiser.
J’avais déjà commencé à revoir quelques fondamentaux, comme on dit chez les apprentis sorciers du nouveau management… C’est le départ de ma chère Lola qui avait provoqué cette prise de conscience. Mais là, c’est encore plus puissant: C’est de mon intérieur qu’est venue la leçon.
Il y aura donc moins de larmes, moins de tristesse, moins de chagrin.
Et, partant, plus de lucidité.
C’est d’une banalité confondante, mais pourtant, ça vaut encore le coup de le répéter: La meilleure façon d’être plus fort que tout ce – ou ceux – qui essaient de nous nuire ou de nous gâcher la vie, c’est de nous souvenir que nous n’en avons qu’une, qu’elle est courte, et que nous ne devons pas la gaspiller: Donc, ignorer superbement les embûches qu’on nous tend, pour nous intéresser plus fortement aux mains et aux sourires qui s’offrent.
Je vous remercie tous et toutes pour votre soutien dans ce passage vers, je l’espère, un surcroît de sagesse.
Recevez mon amitié sincère, et mon amour inconditionnel.
Je vous embrasse,

 

Vieux et cardiaque…

Bon.
A jeter, quoi…
Merci à tous et toutes, du moins ceux et celles qui ont pris la peine, en ce temps de canicule, de penser à moi qui me suis morfondu, 4 trop longs jours, dans une chambre de soins intensifs de l’hôpital de Saintes, climatisée.
Je ne vais pas vous raconter en long et en large.
J’ai ressenti, depuis lundi dernier, une douleur sourde, accompagnée de sensation d’étouffement, autour du sternum, d’angoisse qui me bloquait ou entravait la respiration, au point que, moi qui aime tant ça, je ne pouvais marcher plus de 100 mètres.
Pareil mardi, et mercredi j’allais chez la médecine de ville.
Egale à elle-même, elle me faisait une lettre pour un cardiologue. Ben oui, parce que, on ne comprenait pas: mes analyses du 26 juin révélaient un sang de quasi jeune homme.
Sauf que…
Vous avez remarqué, peut-être, que pour tous les hommes de plus de 50 ans, même sans leur demander leur avis, le médecin prescrit systématiquement une recherche de marqueur dit « PSA », marqueur tumoral révélateur, à un certain taux, d’un risque de cancer de la prostate. (Alors on coupe, pour permettre à l’urologue de payer sa cotisation à son club de golf…)
Il y en a d’autres, des marqueurs. Par exemple, ceux qui révèlent la présence d’enzymes dans le sang, secrétées par le cœur lorsqu’il commence à manquer d’oxygène, ce qui lui est apporté par les artères coronaires. Ben oui, c’est un muscle, le cœur…
On pourrait supposer que la médecine de ville, également consciente en ce domaine de ses responsabilités, demanderait tout aussi systématiquement une recherche de ces enzymes dans le sang à partir d’un certain âge, 65 ans ou 60 ans, par exemple.
Ben non… Elle ne demande rien.
Et c’est comme ça que je me suis retrouvé aux urgences de St Jean, pour éviter d’avoir à attendre un rendez-vous chez un cardiologue (6 semaines à 2 mois, on a le temps d’aller doucement vers la transformation d’une angine de poitrine en bon infarctus).
Et je me suis retrouvé à Saintes, pris en charge immédiatement, lesté d’un stent dans une artère bouchée à plus de 90%.
Et que j’y retourne, mercredi prochain, pour en déboucher une deuxième…
C’est pour ça aussi, que dans la précipitation, je n’ai eu le temps de prévenir personne. Heureusement que mon intuition légendaire m’avait conseillé de me munir de mes affaires de toilette, et d’un change, le minimum quand on passe une nuit dehors… Je me doutais de quelque chose.
Et j’ai dû ensuite me bagarrer avec les spécialistes, détenteurs d’une vérité qu’il faut leur arracher pour mieux pouvoir les contredire, ce qu’ils détestent, mais ça, depuis Lola, je le sais! Et on ne m’aura pas!
Ils ne voulaient pas me laisser rentrer chez moi entre les deux interventions. Et moi, je voulais. J’ai affiché ma détermination à signer une décharge, pourvu qu’on me laisse libre de rester 3 jours dans mon terrier.
Miracle, ils ont cédé, devant un argument en forme de massue: Je n’avais pas l’intention de m’entraîner pour la traversée de l’Atlantique à la nage, ou autre billevesée sportive à la con. « No sport », disait Churchill, qui connaissait le problème. Et… Surtout… ils n’avaient pas le droit de me retenir contre mon gré. ça sert, d’avoir travaillé dans un hôpital. On connaît la charte du patient. D’autant mieux que même s’ils ne s’en souviennent pas, ils peuvent la lire, puisqu’elle est affichée dans toutes les chambres.
Un simple geste de mon doigt vers cette petite affiche a suffi pour faire fondre la détermination à me garder qu’affichait un jeune homme imbu de sa spécialité.
Ceci m’a également permis de découvrir une rivalité sourde, mais pesante, entre les cardiologues, noblesse de cour, et les angiologues, qui se contentent de travailler dans votre intérieur à l’aide d’une sonde, retracée sur un écran, pas de quoi donner le droit de prétendre s’élever au même niveau.
« – L’angiologue m’a assuré que je pouvais sortir, même samedi elle voulait bien »
 » mais elle n’est qu’angiologue ». C’est pas elle qui décide, quoi!
Eh ben, si! Au moins pour cette fois.
Mais ça les a très déstabilisés.
Bref, une petite période enrichissante.
Et pour finir, après avoir attendu deux heures un transport en VSL qui n’arrivait pas, j’ai eu l’idée de téléphoner à Jean-François Danché, que bon nombre d’entre nous connaissent et apprécient, qui a tout de suite accepté de monter dans sa voiture pour me ramener à St jean.
Oui, parce qu’il faut aussi le savoir: Les taxis ne travaillent pas, à Saintes, le dimanche. Comme les fonctionnaires, quoi.
Et j’en arrive à une conclusion qui n’a rien à voir.
Maintenant, et surtout à partir de mercredi prochain, je vais me souvenir de cette recommandation de ma chère Lola: Il faut vivre.
Ces petits inconvénients nous le rappellent: Nous sommes fragiles et surtout, surtout, mortels.
Je fais du rab, désormais. Et ça va forcément modifier mon jugement sur les choses et les gens. En bien ou en mal. En bien je remercierai l’angiologue, souvent, in petto. En mal, je sourirai doucement et passerai mon chemin.
Hasta la vista siempre!

Moules frites

J’ai pensé à toi, Lola, très fort, devant le bord de mer au dessus de St Palais. J’ai mangé ta part de moules frites, en face du phare de Cordouan, celui que tu aimais autant que moi, et que tu avais revu, comme quand tu étais ado, depuis la plage de Soulac.

Il faisait bon, un petit vent venu de la marée haute rafraichissait juste ce qu’il fallait, c’était bien.

Tu te souviens? La dernière fois, c’était en janvier 2017… Tu avais du mal à marcher plus de 50 mètres. Mais tu avais apprécié ce coup d’air frais, depuis le même endroit, avec une petite crèpe au beurre salé.

Une petite image? Le phare est loin, mais on le voit! Tu me manques, toujours.

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Petite révolte routière

Voilà. Le premier ministre (les minuscules sont volontaires) a trouvé un bon moyen de nous emmerder: limitation à 80 km/h sur le réseau secondaire français.

Pour éviter entre 200 et 400 morts. On appréciera la précision statistique, j’y reviendrai.

Appuyé par un monsieur Got, qui nous a concocté une carte des routes les plus accidentogènes. Évidemment, ce sont celles où l’on roule le plus. En rase campagne, sur des routes à une voie réduite, on ne roule pas. Sauf les tracteurs. Donc on ne meurt pas, c’est simple. Et sur les autoroutes, on meurt moins aussi, c’est logique: On ne croise personne. Sauf les abrutis qui roulent à contresens, mais c’est rare.

Alors, au lieu de refiler à Vinci et ses potes un réseau d’autoroutes qui leur apporte de l’or aux couilles, il eût été intelligent de rendre ce réseau gratuit!

Le résultat aurait été immédiat. Car pour un long voyage, ceux qui restent sur le réseau secondaire sont ceux qui ont des moyens limités, et qui préfèrent éviter les péages. Et ce sont les mêmes qui seront taxés en cas de léger dépassement. Rappelons-nous: l’amende est passée, en loucedé, de 45 à 68 euros!

Sans parler de ces radars embarqués, qui nous chasseront sans prévenir.

Le but est donc clair: Nous pomper un maximum de fric. Le nombre de morts ne diminuera pas. En revanche, les recettes des amendes vont exploser. Une petite statistique? Parions sur une augmentation d’un tiers de ces recettes.

Et parions également sur un autre effet: Le trafic sur les autoroutes va augmenter. On peut prévoir? Oui, je pense. 20% en plus, des gens qui ne voudront plus s’emmerder à 80/h.

Tout bénéfice, donc, pour les caisses de l’Etat, qui aura ainsi les moyens d’assumer les réductions accordées aux plus riches: Impôt de solidarité sur la fortune, taxe sur les revenus du capital à 30%, etc… L’argent « magique » de M. Macron, c’est ça.

Et autre argent magique: Les dividendes des actionnaires des autoroutes vont également augmenter.

Tout est pour le mieux, donc. Si on évite d’évoquer une autre intention cachée: Cette mesure a aussi un but moins avouable: Tester notre capacité de résistance à l’oppression. Belle leçon d’exercice du pouvoir.

A nous de réagir…? Même pas.

 

Marée basse…

Cet après-midi, je t’ai emmenée avec moi à La Tremblade, sur le chenal de la Grève. Il fallait profiter de cette belle journée ensoleillée, avant le retour, pour plusieurs jours, de cette pluie qui devient désespérante.

Tu te souviens? Au bout de la jetée, l’estuaire de la Seudre. En face, le petit port de La Cayenne, et sur sa droite, au fond, le clocher de Marennes, aiguille plantée sur les marais.

Je suis resté longtemps là, après avoir dégusté à ta santé une douzaine d’huîtres et un petit verre de blanc d’ici.

A ta santé, chère Lola.

Donne le bonjour à Higelin!

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